Assassinat de John F. Kennedy

par damino - 4198 vues - 0 com.
Crime, criminel, complot, guerre.
John F. Kennedy Photo : Radio-Canada

L’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy, trente-cinquième président des États-Unis, eut lieu le vendredi 22 novembre 1963 à Dallas, au Texas à 12 h 30 (Central Standard Time). Après que le cortège présidentiel eut traversé à basse vitesse le centre de la ville et alors que la voiture présidentielle, décapotée, passait sur Dealey Plaza, John F. Kennedy fut mortellement blessé par des tirs d'arme à feu.

Il est le quatrième président des États-Unis à être victime d'un assassinat et le huitième à décéder en exercice.

Les faits:

Le cortège présidentiel devait traverser la ville et amener le président au Trade Mart pour un déjeuner. La voiture était une Lincoln Continental décapotable de 1961. Dans la voiture du président, outre son épouse Jacqueline Kennedy et lui, avaient pris place le gouverneur du Texas, John Connally, Sr. et son épouse Nellie ainsi que deux agents du Secret Service (département chargé de la sécurité présidentielle), Roy Kellerman et Bill Greer (conducteur).

La ville de Dallas était considérée comme une destination relativement risquée car peu acquise aux idées de Kennedy  . Caractéristiques de cette atmosphère chargée, la publication dans un journal de la ville, le jour du voyage, d’un encart payant critiquant le président avec une grande violence  et l’agression, lors d’une manifestation, d'Adlai Stevenson, ambassadeur des États-Unis aux Nations unies.

Pourtant, c'est une ville amicale que le cortège avait traversée, acclamé par une foule enthousiaste avec très peu de manifestations négatives.

L’assassinat:

Vers la fin du trajet, le cortège et la voiture du président Kennedy quittèrent Main Street et tournèrent à droite sur Houston Street. Après quelques dizaines de mètres, le véhicule présidentiel négocia un virage serré à gauche sur Elm Street, contournant ainsi Dealey Plaza.

À ce moment, Nellie Connaly, soulagée comme tous les occupants par l'accueil du cortège, fit remarquer au président qu’il ne pourrait pas dire que Dallas ne l’aimait pas  .


Dealey Plaza vue du ciel

La voiture qui avait fortement décéléré (environ 15 km/h) passa devant le dépôt de livres scolaires (« Texas School Book Depository » ou « TSBD »). Il était 12 h 30 et devant celle-ci, se profilait le pont de chemin de fer sous lequel passe Elm Street. Dans une des voitures de sécurité, un agent du Secret Service annonça dans un micro que dans quelques minutes le président serait au Trade Mart .

Soudain, un coup de feu retentit, qui évoqua pour beaucoup la pétarade d'un moteur. Même les agents du Secret Service restèrent tout d’abord interdits et réagirent seulement lorsque d’autres coups de feu claquèrent. En tout, selon la version officielle, trois coups de feu furent tirés.


 

Le président avait été touché. Beaucoup le virent se tasser légèrement sur son siège et porter les mains à la gorge : selon la version officielle une balle l’avait frappé dans le haut du dos et était ressortie par la gorge, mais certains estiment que la balle à la gorge a été tirée par devant et que c'est une autre balle qui l'a frappé au dos. Le gouverneur Connally, assis juste devant le président, a également été touché : une balle l'a frappé dans le dos à droite de la clavicule droite, a traversé le poumon et fracturé une côte en ressortant, son poignet droit a été transpercé (le radius fut fracturé) et la balle a terminé sa course en pénétrant superficiellement sa cuisse gauche. Selon les conclusions officielles de la commission Warren (en 1964) et du House Select Committee on Assassinations (en 1979), la même balle aurait traversé les deux hommes.

Il ne s'était passé que quelques secondes et c'est alors que les agents commencèrent à réagir. L'agent qui conduisait la voiture n'accéléra pas immédiatement, au contraire il se retourna, lâcha sans doute l'accélérateur ce qui fit ralentir la voiture (certains pensent que le chauffeur a même freiné).

Le gouverneur Connally s'écroula dans les bras de son épouse, tandis que Clint Hill, un des agents du Service Secret qui voyageait sur le marchepied gauche de la voiture qui suivait celle de Kennedy, se précipita vers le véhicule présidentiel.

Quelques instants après, une balle atteignit le président à la tête, détruisant une bonne partie du cerveau (l'emplacement de la blessure à la tête est également sujet à controverse, voir ci-dessous). Les dégâts provoqués sont tels que du sang, des fragments d'os et de la matière cérébrale furent projetés jusqu'à plusieurs mètres de hauteur (des morceaux d'os furent retrouvés par des passants).

Connally et son épouse, tassés sur les sièges avant, furent aspergés de sang et de particules.

Durant la scène, un tailleur nommé Abraham Zapruder avait l’œil rivé à sa caméra, il était tétanisé et filmait les évènements ; il produisait ainsi ce qui peut être considéré comme le film amateur le plus célèbre de tous les temps. Les images qu’il saisit du tir mortel alimentent encore les polémiques.

Selon les estimations, il s’est passé de l'ordre de 6 à 9 secondes entre le premier et le dernier coup de feu.

Jackie quitta la banquette et rampa à quatre pattes sur le coffre arrière de la voiture (il semble qu'elle ne se souvint plus de cet épisode par la suite). Le véhicule présidentiel accéléra au moment où Clint Hill l'atteignait, celui-ci grimpa sur le coffre arrière pour contraindre la première dame à rejoindre sa place.

Le cortège fonça vers l’hôpital Parkland. Le président respirait encore, mais il était déjà moribond. Le gouverneur, qui était gravement blessé au poumon, allait survivre et pouvoir témoigner. À l’hôpital, les médecins de la salle des urgences no 1 tentèrent désespérément de sauver Kennedy, mais se rendirent rapidement compte de l’inutilité de leurs efforts qui durèrent malgré tout 20 minutes. Vers 13 h, tout était fini, Kennedy fut déclaré mort.

L’arrestation et la mort d’Oswald

Entre-temps, les évènements se précipitaient sur Dealey Plaza. Des témoins avaient entendu des coups de feu venant de devant le cortège, peut-être de derrière la barrière de bois sur le monticule herbeux à droite de Elm Street. D'autres avaient vu un homme (certains avaient vu une arme) à une fenêtre du 5e étage du dépôt de livres scolaires ou croyaient que les coups de feu venaient de là. On trouva trois douilles et un fusil au 5e étage du bâtiment.

La police commença à rechercher les employés du dépôt qui manquaient, dont un certain Lee Harvey Oswald.

Entre 13 h 00 et 13 h 15, un agent de la police de Dallas, J.D. Tippit, fut abattu dans le quartier d'Oak Cliff. Le suspect, qui s'était fait remarquer par le vendeur de chaussure John Brewer à cause de son comportement bizarre en entrant sans payer dans le cinéma Texas Theater, est signalé à la police par celui-ci. Le suspect fut maîtrisé par les policiers dans la salle de cinéma alors qu’il sortait son arme.

Il s'appelait Lee Harvey Oswald. C'était un jeune homme de 24 ans qui avait été du corps des marines et avait, après son départ de l'armée, émigré en Union soviétique où il avait épousé une jeune femme, nommée Marina et d'où il était revenu vers les États-Unis un peu plus d'un an plus tôt. Il fut d'abord suspecté du meurtre du policier, puis de celui de Kennedy.

On trouva en sa possession une fausse pièce d'identité au nom d'Alek James Hidell, identité utilisée pour commander le fusil Carcano qui a servi à assassiner le président ainsi que le revolver avec lequel il a tué J. D. Tippit.

Son empreinte digitale fut retrouvée sur le fusil, mais cette découverte fait l'objet de certaines réserves mettant en doute sa matérialité.

Oswald nia tout ce dont on l'accusait et déclara être un « bouc émissaire ». Il fut interrogé dans l'immeuble de la police de Dallas jusqu'au dimanche matin 24 novembre.

Le matin du 24 novembre, pendant son transfert vers la prison du comté de Dallas, il fut abattu dans les sous-sols du commissariat. Oswald, touché au ventre, tomba dans le coma. Transporté à l’hôpital Parkland, il y mourut le jour même. L’assassin d’Oswald était Jack Ruby, propriétaire d’une boîte de nuit, bien connu des policiers. Les motivations de Jack Ruby ne furent jamais clairement élucidées, même si certains estiment qu’il était téléguidé par des conspirateurs et se basent par exemple sur les relations de Ruby avec la Mafia pour voir dans Ruby un instrument de celle-ci dans sa vengeance contre les Kennedy. Lui-même affirmait avoir voulu éviter à Mme Kennedy la douleur d’un procès public. Même si cette justification paraît fantaisiste, Ruby semblait s'attendre à être félicité pour avoir fait justice.

Condamné à mort, Ruby fit appel et mourut d’une embolie pulmonaire consécutive à un cancer pendant l'instruction de son procès en appel. Son décès fut aussi parfois attribué à un complot.

La Commission Warren

L'assassinat du président John Fitzerald Kennedy provoqua une émotion énorme dans la société américaine. Lyndon Johnson, nouveau président des États Unis, nomma une commission d'enquête fédérale chargée de faire la lumière sur l’assassinat. Elle portera officieusement le nom de son président, Earl Warren. En septembre 1964, la commission remit son rapport au président Johnson (un volume de rapport et 26 volumes de témoignages et de pièces).

Les conclusions du Rapport Warren sont simples : Lee Oswald avait agi seul. Il n'avait pas eu de complice. Il avait tiré trois fois, du cinquième étage du dépôt de livres scolaires. Une balle avait manqué la limousine et deux balles avaient touché le président (une au cou, une à la tête). L'une de ces deux balles l'avait frappé dans le haut du dos, était ressortie par la gorge et avait ensuite causé les blessures du gouverneur Connally. Jack Ruby avait lui aussi agi seul, et n'avait pas non plus de complice. Ruby et Oswald ne se connaissaient pas

La seconde commission d’enquête 

Il fallut attendre 1976 pour que le Congrès américain décide, à la suite des révélations relatives à des activités illégales de la CIA (dont des tentatives d’assassinat sur des dirigeants étrangers), de créer un comité chargé d’enquêter sur les assassinats de John Fitzgerald Kennedy et du Dr Martin Luther King. Le U.S. House of Representatives Select Committee on Assassinations (HSCA) reprit les enquêtes à zéro, réexamina les pièces, réentendit certains témoins et fit examiner tous les éléments par des panels d’experts médicaux, balistiques, photographiques, et autres.

Les conclusions du HSCA  

En résumé, le HSCA confirma l’essentiel des conclusions techniques de la Commission Warren sur les circonstances de l’assassinat.

La théorie de la « balle unique », notamment, est validée par une analyse par activation neutronique comparative qui conclut que les fragments retrouvés dans le poignet du gouverneur proviennent de la balle retrouvée à Parkland (cette analyse et sa méthode ont été également critiquées).

Une analyse fine du film de Zapruder, dont des copies correctes sont enfin disponibles, aboutit à la conclusion que la tête du président est, au moment du tir à la tête, projetée brièvement vers l'avant, ce qui correspond aux autres analyses, notamment médicales, qui identifient les blessures comme correspondant à un tir de l'arrière. Le mouvement vers l'arrière est considéré comme explicable par un spasme neuromusculaire consécutif à la destruction du cerveau.

Les panels d'experts médicaux et balistiques, tout en critiquant durement la façon dont notamment l'autopsie avait été menée, valident aussi les conclusions de la Commission et le fait que le président a été touché par deux balles tirées par Lee Harvey Oswald à partir d'une fenêtre au 5e étage du dépôt de livres scolaires.

Pourtant, le HSCA conclut qu’il y eut bien une conspiration au cours de laquelle quatre coups de feu ont été tirés.

Le HSCA conclut en effet que Oswald a tiré les coups de feu no 1, 2 et 4 (et donc tué Kennedy et blessé Connally) depuis le dépôt de livres, et qu’un assassin inconnu a tiré un coup de feu de derrière la palissade de bois (sur la butte herbeuse) et a raté sa cible.

Cependant, ce dernier point a été abondamment critiqué parce que le seul élément qui l’appuyait était un enregistrement censé avoir été fait sur Dealey Plaza le jour de l’assassinat à travers le micro resté ouvert d’une moto de police.

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