Les mystères des mines d'argent de Périclès

par damino - 1393 vues - 0 com.
Mystère, légende, archéologie

Comment les Grecs de l'Antiquité extrayaient-ils les minerais d'argent des profondeurs de la terre ? En explorant des dizaines de puits, une équipe d'archéologues et de géologues tentent de le comprendre. Avec à la clé des découvertes surprenantes, mais encore bon nombre d'interrogations.

Sur le plateau du Laurion1, au sud d'Athènes, penché au bord d'un puits de cent mètres de verticale absolue, Denis Morin2, archéologue, spécialiste en histoire des techniques, s'interroge : comment des esclaves munis de simples lampes à huile ont-ils pu creuser aussi profondément dans la pierre pour atteindre des filons de plomb argentifère ? Et ce, sans assistance respiratoire.
Sur un site de 150 km 2, des centaines de puits, auparavant jamais visités, conduisaient vers ces riches gisements parmi les plus importants de l'Antiquité. Deux missions franco-grecques, en 2002 et récemment en février dernier3, ont permis à une équipe d'archéologues et de géologues, parfois munis d'appareils respiratoires, de descendre grâce aux techniques de la spéléologie au fond d'une trentaine de puits. « Ils ont été creusés dans le marbre, cinq siècles avant notre ère », commente Denis Morin. Comment ? « À la main, à l'aide de pics, explique-t-il. Ces deux premières missions nous ont permis de prendre conscience de l'extraordinaire ingénierie technique des Grecs. Ils savaient forer des puits parfaitement verticaux et réguliers, ce qui leur permettait d'extraire plus facilement le minerai au moyen de treuils et de machines élévatrices encore inconnues. » En analysant les encoches et les points de fixation laissés sur les parois, les archéologues savent désormais comment étaient aménagés les puits. De section carrée de 1,90 mètre de côté, ils étaient séparés par une cloison en rondins de bois en deux conduits de volume inégal, un tiers pour l'un, deux tiers pour l'autre. Dans le premier tiers était aménagé un escalier et, peut-être, des structures d'aérage. La cloison protégeait également les mineurs du minerai en train d'être treuillé dans la seconde partie du puits.

mine

© D. Morin/CNRS Photothèque

Denis Morin descend en rappel explorer un des nombreux puits du plateau du Laurion.



Cependant bien des questions demeurent encore sans réponse. Certains des puits explorés par l'équipe de Denis Morin mesurent plus de cent mètres de profondeur. Or, à partir de vingt à trente mètres, les mesures ont montré que l'oxygène commence à s'y faire rare. Impossible de descendre et encore moins de les creuser sans assistance respiratoire. Pour l'instant, les archéologues n'ont pas encore apporté de réponses acceptables sur ce point. Mais les recherches ont permis d'avancer des hypothèses sur différentes possibilités d'aération. Ils ont notamment découvert un puits de petite taille, creusé parallèlement au puits principal, qui a la particularité de ne pas communiquer avec la surface. Grâce à des galeries de jonction situées à différents niveaux, les Grecs avaient certainement créé là un système ingénieux de circulation de l'air. Une seconde hypothèse propose l'existence de foyers au fond de ces puits parallèles qui auraient pu engendrer des appels d'air. Les archéologues attendent de retrouver des traces de charbon de bois pour la confirmer. Enfin, ils supposent aussi que certains de ces puits communiquaient entre eux grâce à un réseau de galeries souterraines sur plusieurs niveaux capables de générer d'autres courants d'air. Ces hypothèses et les paramètres physiques dont dépend l'efficacité du renouvellement de l'air nourrissent actuellement des modèles qui devraient permettre de mieux comprendre.
Autre mystère de taille : comment les Grecs savaient-ils où creuser pour atteindre les riches filons ? Quelles connaissances avaient-ils du sous-sol ? « Les Grecs, suppose Denis Morin, devaient avoir des notions de géologie très précises, puisqu'ils se sont aventurés à creuser des puits si profonds alors que les minerais affleurent rarement à la surface. » La mission 2004 prévue par Denis Morin permettra de poursuivre en ce sens les explorations souterraines et d'accroître les connaissances géologiques de ce site emblématique qui fit la d'Athènes.

Source : http://www2.cnrs.fr/journal/739.htm

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