Notre cerveau est-il naturellement religieux ?

par damino - 867 vues - 0 com.
Science et technologie
Découverte prodigieuse : en observant les flux neuronaux de moines bouddhistes en méditation et de nonnes chrétiennes en prière, deux chercheurs américains, un vieux et un jeune, Eugene d'Aquili et Andrew Newberg, neurologues à l'université de Pennsylvanie, ont démontré qu'extase mystique et conscience cosmique correspondaient à un processus cortical précis, mettant hors circuit la zone du néocortex qui permet de distinguer le soi du non-soi. Nouveauté remarquable : au lieu d'en tirer une vision sceptique, à la Monod ou Changeux, réduisant la spiritualité à un épiphénomène halluciné, ces chercheurs en concluent au contraire que la démarche religieuse est une nécessité inscrite dans les fibres mêmes de notre système nerveux central. Cette recherche vient de déboucher sur un livre passionnant, où les deux savants racontent leur aventure et développent une « biologie du religieux » <em>(Pourquoi Dieu ne disparaît pas, André Newberg et Eugene d'Aquili, éd. Sully)</em>. .

A priori, la démarche pouvait paraître présomptueuse, voire bouffonne : prétendre étudier l'extase mystique ou l'état de méditants ayant atteint la “conscience cosmique”, en observant des cerveaux ! Mais la science neuronale atteint désormais une finesse qui rend ce genre de démarche légitime. Le nom exact de la zone du cerveau qui se retrouve « en roue libre » (coupée de toute information venue des sens) pendant une méditation ou une prière intense est le « cortex pariétal supérieur arrière ». Pour pouvoir se faire comprendre du grand public, les deux chercheurs américains ont rebaptisé cette zone « aire associative pour l'orientation » (AAO).

En termes simples, l'AAO a pour fonction de tracer une séparation précise entre l'individu et le reste de l'univers. Entre le soi et le non-soi. À un niveau microscopique, c'est une mission un peu similaire que remplit le système immunitaire, chargé de chasser les intrus qu'il ne reconnaitrait pas comme faisant partie du « soi ». L'AAO, elle, fonctionne au niveau macroscopique, notamment pour guider nos déplacements. Les gens qui ont eu l'AAO endommagée ont de grandes difficultés à se mouvoir dans l'espace. Quand ils s'approchent de leur lit, par exemple, leur cerveau est si dérouté par les changements constants qui interviennent dans les calculs des angles, des profondeurs et des distances que le simple fait de s'allonger devient un défi. Les malheureux ratent leur lit et tombent par terre. Et s'ils parviennent à poser leur corps sur le matelas, ils ne peuvent que se blottir maladroitement contre le mur.

Pour remplir sa fonction, l'AAO dépend d'un flux constant d'impulsions nerveuses provenant de chacun des organes sensoriels du corps. À chaque moment de notre vie, l'AAO trie et traite ces impulsions pratiquement dans l'instant, assurant une quantité de travail absolument stupéfiante, à des taux de charge et à des vitesses qui épuiseraient les circuits d'une douzaine de superordinateurs !

Que se passe-t-il donc quand une personne entre en méditation ? Son AAO travaille aussi durement que toujours, mais le flux d'informations sensorielles qui l'alimente d'habitude se trouve soudain bloqué. Or, si l'AAO n'a aucune information sur laquelle travailler, elle n'a d'autre choix que de “percevoir” que le soi est désormais sans fin et qu'il se trouve en étroite interdépendance avec tout ce (et tous ceux) que le mental ressent. Cette perception est ressentie comme totalement et indiscutablement réelle - et rien ne permet de dire qu'elle ne l'est pas.

C'est exactement ainsi que des générations de mystiques orientaux ont décrit les points culminants de leurs activités méditatives, spirituelles et mystiques. Selon les termes des Upanishads hindous :

Comme les fleuves coulant vers l'est et l'ouest

Fusionnent dans l'océan et s'unifient à lui,

En oubliant qu'ils avaient jamais été des fleuves individuels,

De même toutes les créatures perdent leur nature individuelle

Quand elles fusionnent enfin.

Huit méditants tibétains ont participé à la principale étude par imagerie cérébrale. Dans presque tous les cas, les scanographies ont montré un ralentissement identique de l'activité de l'aire de l'orientation, aux moments culminants de la méditation. Par la suite, l'expérience a été étendue à plusieurs moniales franciscaines en prière. Et les scanographies ont révélé des changements similaires

Source : http://www.cles.com/enquetes/article/notre-cerveau-est-il-naturellement-religieux

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